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Stress tests EBA : du nouveau sur la méthodologie

9 septembre 2022

L’Autorité Bancaire Européenne mène de façon biannuelle des tests de résistance des banques et du système bancaire à l’échelle de l’Union Européenne. Le 22 juillet dernier, l’EBA a publié la première version de la méthodologie de son stress-test 2023.

Le point sur les évolutions.

Les tests de résistance (stress-test) constituent l’un des principaux outils pour mesurer et assurer la résilience du secteur bancaire depuis la crise de 2009. Sous l’angle comptable, les stress-tests sont utilisés pour définir les niveaux de provision des créances selon une approche multi-scénarios. Sous l’angle prudentiel, les stress-test permettent d’appréhender la robustesse des ratios dans les scénarios de crise.

Ainsi, l’Autorité bancaire européenne (EBA) mène de façon biannuelle des tests de résistance des banques et du système bancaire à l’échelle de l’Union Européenne (EU-wide stress-test) en coopération avec la BCE, le CERS (Comité Européen du Risque Systémique ) et les autorités nationales de surveillance. Le scénario défavorable, la méthodologie et les templates sont fournis par l’EBA. Cet exercice nourrit le dialogue bilatéral entre les banques et le superviseur (BCE), dans le cadre de l’exercice SREP (Supervisory Review and Evaluation Process), ainsi que l’information publique sous forme de synthèse.

Le 22 juillet 2022, l’EBA a publié la première version de méthodologie du stress-test EBA 2023. Cette méthodologie était attendue, suite à la publication d’un document pour discussion[1] daté du 22 janvier 2020, envisageant l’introduction d’une double approche reposant sur un scénario économique commun :

  • une approche bancaire à usage interne, selon une méthodologie moins prescriptive,
  • une approche superviseur à usage prudentiel, qualifiée d’ « hybride », conciliant des éléments bottom-up calculés par l’établissement sous contraintes et des éléments top-down issus de modèles de projection du superviseur pouvant inclure la marge nette d’intérêt, le risque de crédit, les revenus de commission.

La méthodologie de l’exercice 2023 introduit comme prévu la notion d’approche « top-down », restreinte aux revenus de commission. Elle s’applique désormais à un échantillon de 76 banques (soit 26 banques supplémentaires par rapport à la méthodologie de 2020) et intègre une notion d’approche proportionnelle pour tenir compte de la variété des établissements. La méthodologie finale sera publiée d’ici la fin de 2022.

Déjà mobilisés par de nombreux exercices de simulations (stress-test covid, revue des modèles IFRS9 post-covid*, premiers stress-tests climatiques, …), les établissements apprécieront cette évolution modérée du stress-test EBA. Au-delà de 2023, la vision-cible de cet exercice reste encore à préciser, tant dans le périmètre des éléments top-down, que dans l’éventualité d’une approche bancaire, présentant des similitudes avec l’ICAAP. La multiplication de ces exercices de stress incite les établissements à assurer la cohérence de leurs différents exercices, notamment par l’utilisation d’outils adaptés incluant les plateformes internes qui permettent la mise en cohérence des données source et des simulations selon différents scénarios.

L’exercice des stress tests sera lancé en janvier 2023, assorti d’un scénario économique en cours de définition. Un exercice présenté comme une première étape vers une approche « hybride ». La publication des résultats est prévue pour juillet 2023.

* Cf article Ares & Co du 12/04/2022 : Quels enseignements de la crise Covid sur le provisionnement sous IFRS 9 ?